dimanche 7 juin 2009

Prison d'Amour ( Making Of )



Je commence par cette image qui est l'une de mes préférées et qui revient dans l'actualité grâce à une publication et un article dans l'excellent magazine "Computer Arts" du mois de juin. ( N° 123 )

Ma démarche a consisté à effectuer des recherches sur les différentes textures exploitables dans un cliché.
L'idée est de jongler entre photo et peinture et, parfois, laisser le doute s'installer.
Je voulais faire un très gros plan et dissocier ce physalis de son milieu naturel, le rendre presque abstrait et tout axer sur cette petite boule rouge de 1 cm de diamètre, entourée de dentelle.
J'ai voulu créer et traiter cette photo comme un tableau.

Équipé encore il y a 2 ans, de mon Nikon D200 muni d'un objectif Micro Nikkor 105mm f2,8 VR, c'est à plat ventre que le shooting commence... sans parvenir à obtenir un bon résultat.
Trop d'éléments parasites dans le cadre. J'ai fini par cueillir ce physalis, et c'est à la maison, avec un peu plus de confort, que la séance photo s'est poursuivie.
Ici point d'éclairage artificiel, seule la lumière naturelle et un mini-réflecteur tenu à la main pour contrôler les reflets. J'ai choisi un diaphragme très ouvert afin d'avoir très peu de profondeur de champ.

Pour retoucher l'image, deux applications ont été mises à contribution: Photoshop et Aperture.
J'ai commencé par ouvrir l'image avec Aperture pour renforcer le rouge du physalis, augmenter le contraste ainsi que la netteté. Je suis ensuite passé à Photoshop afin d'y créer un premier calque; il y en aura une dizaine en tout, principalement des calques de réglages (niveau, courbe, exposition, vibrance)
J'ai ensuite ouvert un fichier de texture que j'ai copié collé sur le physalis en réglant ce nouveau calque sur "incrustation" avec une opacité de 80%. Pour affiner la texture, deux ou trois calques de réglage ont encore été créés.
Pour terminer j'ai effectué une sélection ronde autour du physalis avec un contour progressif de 50% que j'ai effacé pour supprimer la texture au centre et ainsi laisser la place aux détails.
Cette texture fut délicate à gérer, car il fallait qu'elle soit présente mais qu'elle laisse aussi apparaître les détails de l'image; un travail qui dut être fait dans la finesse.

Le résultat oscille entre nature morte et exercice stylistique.